Le secrétaire de Fernand

Comment j’écris les articles publiés ici

Comment j’écris les articles publiés ici

Une explication honnête de ma méthode de travail pour écrire les articles publiés sur Le secrétaire de Fernand.

Je tiens à être clair sur la manière dont j’écris les textes publiés sur Le secrétaire de Fernand.

Je n’écris pas mes articles de façon classique, assis devant un clavier à rédiger un premier jet du début à la fin. Ma méthode est différente. Elle passe par la voix, par la conversation, par l’itération, et oui, par l’usage d’outils comme ChatGPT et Claude.

Je préfère l’expliquer franchement, parce qu’à mes yeux, la transparence compte autant que le texte lui-même.

Mon point de départ : parler avant d’écrire

Quand un sujet me travaille, je commence souvent par en parler à voix haute depuis mon téléphone.

J’enregistre des messages vocaux dans ChatGPT ou dans Claude. Je développe mon idée oralement, comme je le ferais dans une conversation : j’explore une intuition, je précise une nuance, je reviens en arrière, j’essaie un angle, j’en abandonne un autre. Je ne cherche pas tout de suite à produire une forme littéraire. Je cherche d’abord à faire sortir la pensée.

C’est une étape importante pour moi, parce que l’oral me permet d’aller plus loin que l’écrit spontané. Quand j’essaie d’écrire directement, je simplifie parfois trop vite. Je coupe, je résume, j’aplatis. À l’oral, au contraire, je peux dérouler une idée plus complètement, avec ses hésitations, ses bifurcations, ses précisions, ses contradictions parfois. Et souvent, cela ressemble davantage à ce que je pense réellement.

Ensuite : utiliser l’IA comme interlocuteur critique

Une fois cette matière première posée, je ne demande pas simplement à l’outil de “rédiger un article”.

Le plus souvent, je lui demande d’abord quelque chose comme : qu’est-ce que tu en penses ?

Ce que j’attends à ce moment-là, ce n’est pas une flatterie ni une reformulation lisse. J’attends une critique. J’attends qu’on me dise :

  • là, ton propos mérite d’être nuancé ;
  • là, tu vas peut-être dans une mauvaise direction ;
  • là, tu passes à côté d’un angle important ;
  • là, il manque une distinction essentielle ;
  • là, il faudrait approfondir ou préciser.

Autrement dit, j’utilise ChatGPT ou Claude comme des interlocuteurs capables de me renvoyer des objections, des tensions, des angles morts, ou simplement des pistes d’approfondissement.

Cela me permet de travailler le fond avant la forme. D’affiner ce que je veux dire. D’éviter, autant que possible, les formulations trop rapides ou les idées insuffisamment creusées.

Un texte qui naît de plusieurs allers-retours

Le processus est rarement linéaire.

Je repars souvent à la voix après une première réponse. Je précise. Je corrige. Je reformule mon intention. Je développe un point que je n’avais fait qu’esquisser. Puis je redemande un retour critique. Puis je reprends encore.

Il y a donc plusieurs allers-retours entre ma parole, la transcription, la critique produite par l’outil, et ma propre reprise de la réflexion.

Ce n’est pas un bouton sur lequel j’appuie pour “générer un article”. C’est plutôt une conversation de travail, parfois longue, qui me permet de clarifier ma pensée avant de lui donner une forme publiable.

Puis vient la rédaction

À un moment, quand le fond me semble suffisamment mûr, je demande à ChatGPT ou à Claude de rédiger un article à partir de tout ce qui a été travaillé.

Ce premier texte n’est pas la fin du processus. C’est un brouillon structuré. Une mise en forme. Une proposition.

Ensuite, je relis attentivement.

Je vérifie que l’article respecte vraiment la trame de la conversation, la logique du raisonnement, l’angle choisi, et surtout l’esprit de ce que je voulais dire. Je peux alors modifier le plan, déplacer des passages, enlever des phrases, reformuler certains paragraphes, simplifier, préciser, ou au contraire redonner un peu de souffle à l’ensemble.

Il arrive aussi que je laisse le texte reposer. Certains articles maturent avant publication. J’y reviens plus tard avec un regard plus frais.

Pourquoi je préfère cette méthode

La raison principale est simple : la voix me permet d’être plus fidèle à ma pensée.

Quand je parle, je vais souvent plus vite et plus loin que lorsque j’écris directement. Je produis plus de matière, plus de nuances, plus de liens entre les idées. Je me censure moins tôt. Je laisse davantage apparaître le mouvement réel de la réflexion.

Cela donne à l’outil plus de contenu à travailler, mais surtout un contenu plus proche de ce que je cherche réellement à exprimer.

D’une certaine façon, cette méthode me permet paradoxalement d’être plus présent dans le texte, pas moins. Non pas parce que chaque phrase serait sortie telle quelle de ma main, mais parce que la matière intellectuelle, l’intuition de départ, les nuances, les arbitrages et la validation finale viennent bien de moi.

Ce que cela veut dire concrètement pour vous, lecteur

Les articles publiés ici ne sont donc ni des textes “écrits tout seuls par une IA”, ni des textes rédigés de manière entièrement traditionnelle.

Ils sont issus d’un processus hybride.

Je fournis le sujet, l’intuition, le point de vue, la matière de fond, les nuances, les corrections, les choix. L’IA intervient comme outil de transcription, de contradiction, d’exploration, de structuration et de rédaction assistée.

Je trouve important de le dire clairement, pour que le lecteur sache ce qu’il lit.

Je ne cherche pas à entretenir l’illusion d’une écriture purement solitaire si ce n’est pas la réalité. Mais je ne veux pas non plus minimiser le travail de réflexion, de tri, de jugement et de reprise qui précède chaque publication.

Ce que j’assume

J’assume pleinement cette façon de travailler.

D’abord parce qu’elle m’aide réellement à mieux penser et à mieux écrire. Ensuite parce qu’elle correspond à une évolution très concrète de nos outils d’expression. Enfin parce qu’à mes yeux, l’essentiel n’est pas de préserver une image romantique de l’écriture, mais de rester honnête sur la façon dont un texte est produit.

Ce qui compte pour moi, au bout du compte, c’est que l’article publié soit fidèle à ce que je veux dire, qu’il soit travaillé avec sérieux, et que je puisse le signer sans réserve.

Si un texte est publié ici, c’est qu’après ce processus, je le considère comme mien dans son intention, dans son orientation, et dans sa responsabilité.

En résumé

Ma méthode d’écriture repose aujourd’hui sur quatre étapes :

  1. je parle du sujet à voix haute ;
  2. j’utilise ChatGPT ou Claude pour obtenir une critique et approfondir la réflexion ;
  3. je leur demande ensuite une rédaction à partir de cette matière ;
  4. je relis, corrige, restructure, laisse parfois mûrir, puis je publie.

Je préfère rendre cette méthode explicite plutôt que de la laisser dans l’ombre.

Parce que l’écriture change. Parce que les outils changent. Et parce que la confiance, elle, mérite d’être construite dans la clarté.

Une remarque après lecture ?

Si vous souhaitez envoyer un mot au sujet de cet article, vous pouvez écrire ici. Je partage ici parce que le sujet m’intéresse et que je veux apprendre des autres. Merci pour vos retours, surtout lorsqu’ils sont formulés avec soin.